đ° Le Spitz, une histoire bien plus ancienne quâon ne lâimagineâŠ
Lorsque lâon regarde nos petites boules de poils confortablement installĂ©es dans leurs paniers, difficile dâimaginer que leurs ancĂȘtres Ă©taient autrefois des chiens bien plus grands, robustes et habituĂ©s Ă une vie beaucoup moins confortable ! đ
Le Spitz appartient en effet Ă lâune des plus anciennes familles de chiens dâEurope centrale. Le standard officiel de la FCI fait remonter ses origines aux anciens chiens des tourbiĂšres de lâĂąge de pierre et aux chiens des citĂ©s lacustres. Ces ancĂȘtres Ă©taient bien plus imposants que nos petits PomĂ©raniens actuels et possĂ©daient dĂ©jĂ certaines caractĂ©ristiques que lâon retrouve encore aujourdâhui, notamment leur Ă©paisse double fourrure.
Au fil des siĂšcles, diffĂ©rents chiens de type Spitz se sont dĂ©veloppĂ©s Ă travers lâEurope. Certaines histoires autour de la race Ă©voquent Ă©galement des chiens nordiques arrivĂ©s avec les peuples scandinaves et les Vikings. Leurs origines exactes sont difficiles Ă retracer avec certitude aussi loin dans le temps, mais une chose est sĂ»re : nous Ă©tions encore trĂšs loin du petit Spitz nain de quelques kilos que nous connaissons aujourdâhui !
đŸ Un vĂ©ritable petit chien dâalarme
Avant de devenir un chien de compagnie, le Spitz Ă©tait surtout apprĂ©ciĂ© pour sa vigilance. Dans les fermes et autour des habitations, il surveillait son environnement et donnait rapidement lâalerte lorsquâune personne Ă©trangĂšre approchait. Au XVIIIá” siĂšcle, on trouvait notamment des Spitz blancs de taille moyenne Ă grande utilisĂ©s comme gardiens. Aujourdâhui encore, le standard FCI dĂ©crit le Spitz allemand comme un chien de garde et de compagnie.
Finalement, lorsque lâon vit avec un Spitz, on comprend trĂšs vite que cette partie de son histoire est restĂ©e quelque part dans ses gĂȘnes⊠đ Il entend tout, voit tout et considĂšre gĂ©nĂ©ralement quâil est absolument indispensable de nous prĂ©venir de chaque Ă©vĂ©nement suspect, y compris parfois une feuille qui vient de tomber dans le jardin !
đ Des chiens de travail aux petits protĂ©gĂ©s de la noblesse
Petit Ă petit, son Ă©lĂ©gance, sa magnifique fourrure et son tempĂ©rament vont lui ouvrir les portes dâun quotidien beaucoup plus confortable.
Au XIXá” siĂšcle, le Spitz gagne notamment en popularitĂ© auprĂšs de la noblesse europĂ©enne. La reine Victoria jouera ensuite un rĂŽle particuliĂšrement important dans lâhistoire du PomĂ©ranien et dans lâengouement pour les sujets de plus petit gabarit. Son cĂ©lĂšbre Spitz Marco, nĂ© en 1888, pesait encore environ 5,4 kg : le PomĂ©ranien de cette Ă©poque Ă©tait donc gĂ©nĂ©ralement bien plus grand que beaucoup de ceux que nous connaissons aujourdâhui.
Au fil des sĂ©lections, son gabarit va progressivement diminuer et son apparence Ă©voluer pour donner naissance au petit chien extrĂȘmement fourni et Ă©lĂ©gant que nous connaissons aujourdâhui.
đ Mais pourquoi « PomĂ©ranien » ?
Son nom fait rĂ©fĂ©rence Ă la PomĂ©ranie, une rĂ©gion historique situĂ©e au bord de la mer Baltique, aujourdâhui partagĂ©e principalement entre lâAllemagne et la Pologne. Câest notamment dans cette rĂ©gion que la sĂ©lection de certains Spitz vers des gabarits plus petits sâest dĂ©veloppĂ©e.
En France et dans les pays suivant la classification FCI, le PomĂ©ranien correspond au Spitz allemand nain : il ne constitue donc pas une race totalement distincte du Spitz allemand. La FCI reconnaĂźt plusieurs variĂ©tĂ©s de taille au sein du Spitz allemand, du Spitz-loup jusquâau Spitz nain/PomĂ©ranien.
Finalement, derriĂšre nos minuscules boules de poils se cache une histoire de plusieurs milliers dâannĂ©es. Du chien robuste et vigilant dâautrefois au petit compagnon installĂ© sur nos canapĂ©s, son apparence a Ă©normĂ©ment Ă©volué⊠mais son intelligence, sa vigilance et surtout son sacrĂ© petit caractĂšre sont, eux, toujours bien prĂ©sents ! đâ€ïž
Le Spitz au dĂ©but du XIXá” siĂšcle â 1824
Cette illustration ancienne montre à quel point le Spitz présentait déjà plusieurs de ses caractéristiques emblématiques : une fourrure abondante, de petites oreilles dressées et une magnifique queue en panache portée sur le dos. Sa morphologie était cependant encore bien différente de celle du Poméranien moderne.
Le Spitz au XIXá” siĂšcle
Cette ancienne gravure illustre parfaitement le Spitz dâautrefois : un chien plus grand et plus rustique, apprĂ©ciĂ© notamment pour sa vigilance et ses qualitĂ©s de chien dâalarme, bien loin encore du tout petit chien de compagnie que nous connaissons aujourdâhui.
Du Spitz au Spitz nain
Cette illustration est particuliĂšrement intĂ©ressante puisquâelle prĂ©sente cĂŽte Ă cĂŽte un « Zwergspitz » â littĂ©ralement Spitz nain â et un Spitz de plus grand gabarit. Elle permet de visualiser le travail de sĂ©lection qui conduira progressivement au petit PomĂ©ranien actuel.
La reine Victoria et son amour pour les PomĂ©raniens â fin du XIXá” siĂšcle
Grande amoureuse de la race, la reine Victoria contribua Ă©normĂ©ment Ă la popularitĂ© du PomĂ©ranien en Europe et Ă lâengouement pour les sujets de plus petit gabarit. Ici, elle apparaĂźt accompagnĂ©e de lâun de ses petits chiens blancs.
Marco, l'un des Poméraniens de la reine Victoria
NĂ© en 1888, Marco, en rĂ©fĂ©rence Ă Marco Polo, Ă©tait lâun des PomĂ©raniens favoris de la reine Victoria. RamenĂ© dâItalie, il contribua avec les autres Spitz de la souveraine Ă faire connaĂźtre et aimer la race auprĂšs de la sociĂ©tĂ© britannique. La passion de Victoria pour les PomĂ©raniens participa largement Ă leur popularitĂ©.
Portrait de quatre Poméraniens peint en 1897 par Frances C. Fairman, intitulé Four Generations
Le PomĂ©ranien Ă la fin du XIXá” siĂšcle. Ă la fin des annĂ©es 1800, le PomĂ©ranien Ă©volue progressivement vers un gabarit plus petit et une fourrure plus abondante. La race devient de plus en plus apprĂ©ciĂ©e comme chien de compagnie et commence doucement Ă se rapprocher du PomĂ©ranien que nous connaissons aujourdâhui.
Les PomĂ©raniens en concours đ
Au dĂ©but du XXá” siĂšcle, le PomĂ©ranien gagne en popularitĂ© et fait son apparition dans les expositions canines. La sĂ©lection de la race sâoriente progressivement vers des chiens plus petits, Ă©lĂ©gants et Ă la fourrure abondante.
Le PomĂ©ranien Ă©volue đŸ
Au fil des sĂ©lections, le PomĂ©ranien sâĂ©loigne peu Ă peu du Spitz plus grand de ses ancĂȘtres. Son gabarit diminue tandis que sa silhouette et sa fourrure commencent Ă se rapprocher de celles que nous connaissons aujourdâhui.
Vers le PomĂ©ranien moderne âš
Au début des années 1900, on reconnaßt déjà beaucoup mieux notre petite boule de poils actuelle : un format plus compact, une fourrure généreuse et cette expression vive si caractéristique du Spitz.